Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, une attestation de respect des règles parasismiques est obligatoire au dépôt du permis de construire et à l’achèvement des travaux, selon la zone sismique et la catégorie d’importance du bâtiment.
Quels projets sont concernés ?

La zone de sismicité est accessible sur le site : https://www.georisques.gouv.fr/
La catégorie d’importance évalue le niveau d’enjeu d’un bâtiment face au risque sismique. En cas de séisme, la résistance des centres de secours est plus importante qu’un hangar agricole.

Quels sont les documents officiels à compléter ?
Les extensions sont elles concernées ?
Les extensions désolidarisées de la structure existante par un joint de dilatation relèvent du régime applicable aux constructions neuves. En raison de cette indépendance mécanique, elles doivent respecter l’ensemble des règles de dimensionnement parasismique en vigueur pour garantir la sécurité de l’ouvrage face aux sollicitations sismiques. Si l’extension ne comporte pas de joint de dilatation, il convient alors de réaliser une étude sismique du bloc qui comporte l’existant et l’extension.
Si l’extension est désolidarisée structurellement par un joint de dilatation et ne comporte pas d’activités humaines de longue durée (catégorie d’importance I), elle ne nécessite pas d’attestation, ni d’étude sismique.
Quand fournir ces attestations ?
Dès le dépôt du permis de construire, une première attestation formelle engage la prise en compte rigoureuse des règles de dimensionnement parasismique lors des études de structure.
La seconde attestation, établie au moment de la déclaration d’achèvement des travaux, vient certifier la réalisation effective et conforme de l’ouvrage sur le chantier face aux exigences sismiques requises.
Quelle est la différence entre l’attestation et l’étude sismique?
L’attestation administrative et l’étude technique constituent deux documents distincts qu’il convient de ne pas confondre. Au stade de la demande de permis de construire, l’attestation initiale engage le maître d’ouvrage à respecter la réglementation applicable, sans exiger l’analyse technique immédiatement (étude sismique). Cette chronologie préserve l’équilibre financier du projet en évitant le coût d’une prestation d’ingénierie complexe avant l’obtention de l’autorisation d’urbanisme, d’autant que les plans architecturaux ne possèdent pas encore le niveau de détail requis.
L’étude sismique repose sur une analyse dynamique de la structure, réalisée à l’aide d’outils numériques aux éléments finis (ACORD-ARCHE-ADVANCE-ROBOT etc). Le modèle intègre les accélérations sismiques réglementaires, calculées selon la zone de sismicité, la catégorie du bâtiment et la nature du sol support. Cette simulation permet de déterminer avec précision les déplacements et les efforts internes générés par le séisme. Le bureau d’études spécialisé exploite ces résultats pour adapter la conception structurale, ce qui se traduit concrètement par l’ajustement des sections, le renforcement des densités d’armatures ou le choix de matériaux mieux adaptés afin d’assurer la résistance de l’ouvrage face aux sollicitations combinées.
Qui peut réaliser l’étude sismique ?
L’étude sismique doit être réalisée par un bureau d’études technique spécialisé en structure du bâtiment comme EPURE STRUCTURE.
Une étude géotechnique est-elle obligatoire ?
L’analyse sismique évalue le comportement de la structure face aux accélérations du sol sous l’effet des ondes sismiques. Le calcul de cette accélération réglementaire combine la zone de sismicité du site (1-2-3-4-5), la catégorie d’importance de l’ouvrage (I-II-III-IV) ainsi que la classe de sol (A-B-C-D-E). Cette dernière est définie dans l’étude géotechnique G2AVP. Ce paramètre géotechnique oriente également la conception et le type des fondations nécessaires à la stabilité de l’ensemble. La réalisation d’une étude de sol préalable constitue donc un prérequis indispensable à toute modélisation sismique et au dimensionnement structurel de votre bâtiment.
Qui peut compléter l’attestation sismique à fournir lors du PC ?
L’attestation précise que seuls un bureau de contrôle ou un constructeur de maisons individuelles disposant d’une assurance adéquate sont aptes à compléter cette attestation. Toutefois, en l’absence de ces intervenants, un bureau d’étude structure paraît apte à compléter cette attestation qui certifie qu’un bureau d’étude va réaliser l’étude sismique.
Pourquoi ces attestations ?
Ces documents réglementaires offrent à l’administration le moyen de contrôler l’application effective des normes parasismiques tout au long de la vie du projet. Les services instructeurs ne réalisant pas ou peu d’audit technique sur le chantier et ne contrôlant pas directement les notes de calcul ou les plans d’exécution, ces formalités encadrent formellement le dossier. Le dépôt d’une attestation au démarrage puis à la livraison certifie ainsi la conformité de la structure avec la règlementation parasismique (EUROCODE 8).
En quoi consiste une étude sismique sur un bâtiment neuf ?
L’analyse sismique d’un bâtiment neuf débute par l’intégration des données de l’étude géotechnique, des plans d’architecte et de la topographie du terrain, qui orientent le choix des matériaux et la typologie des fondations. L’ouvrage fait ensuite l’objet d’une modélisation numérique tridimensionnelle par éléments finis. Le modèle reçoit une sollicitation dynamique correspondant à l’accélération sismique du site, calculée d’après la zone de sismicité, la catégorie d’importance de la structure et la classe de sol. Après le lancement des calculs, l’exploitation des résultats permet de vérifier le comportement mécanique de la structure et de dimensionner les éléments porteurs face aux efforts sismiques. Ces exigences techniques sont enfin reportées sur les plans d’exécution, venant compléter les vérifications traditionnelles sous charges gravitaires, permanentes, d’exploitation ou climatiques.
En quoi consiste une étude sismique sur un bâtiment existant ?
Sur une construction existante, la démarche d’évaluation parasismique répond à un cadre spécifique.
- La première phase consiste à vérifier que la modification projetée n’augmente pas la vulnérabilité globale de l’ouvrage, sous réserve de ne pas franchir les seuils fixés par les Recommandations du cahier technique n°35 de l’AFGC.
- En cas de dépassement de ces limites, une modélisation numérique complète de la structure devient obligatoire. Ce modèle s’appuie sur des relevés géométriques rigoureux de la structure actuelle, complétés si nécessaire par des investigations destructives pour identifier la nature des matériaux et les ferraillages en l’absence de plans d’origine. La simulation dynamique est réalisée comme pour un ouvrage neuf tout en intégrant le coefficient d’abattement réglementaire dédié à l’existant (0.6). Cette analyse permet de contrôler la capacité portante des éléments structuraux et de définir, si besoin, les travaux de confortement adaptés.
Changement de destination
Le changement de destination d’un bâtiment impose une vérification préalable de sa catégorie d’importance au sens de la réglementation parasismique. Lorsque la nouvelle affectation des locaux augmente la catégorie d’importance, l’ouvrage peut faire l’objet d’une étude sismique afin de contrôler sa capacité à résister aux nouvelles contraintes.
